Le marché
Avec un bilan totalisant 43 378 immatriculations, le marché français du poids lourd neuf de plus de 5 tonnes a diminué de 8,4% en 2012, une diminution comparable à celle du marché européen. Ce recul s'est pour l'essentiel opéré pendant les six derniers mois, après un premier semestre en ligne avec les résultats 2011, année qui avait vu un rebond de ventes de 38,3%. Au final, 2012 compte parmi les trois plus mauvaises années enregistrées depuis 15 ans, à mi chemin entre le record d'avant crise en 2008 (58 000 immatriculations) et les années noires 2009 et 2010 où les ventes étaient descendues à 35 000 puis 34 000.
Seul résultat à inscrire en positif, le marché des véhicules utilitaire lourds (entre 3,5 et 5 tonnes) a, comme en 2011, légèrement progressé avec une progression de presque 2%. Une hausse qui confirme la bonne santé des entreprises de messagerie portées par la croissance du e-commerce.
Parmi les marques importées, le podium évolue. Mercedes-Benz, dont les ventes sont restées stables, reste n°1, Volvo devient n°2 devant Daf, n°3. La baisse du marché touche tous les importateurs assez équitablement, sauf Mercedes (+0,2 %) et Scania (- 23 %). A noter que contrairement à 2011 où ils progressaient d'avantage, en 2012 les tracteurs baissent un peu plus (– 11 %) que les porteurs (- 5 %), ce qui traduit les difficultés des entreprises orientées vers le transport international.
Avec – 9 % pour 51 891 transactions, le marché de l'occasion subit le même recul que celui du neuf. Il faut noter qu'en France, 82,5 % des VI ont plus de cinq ans, 10% entre deux et cinq ans, et seulement 7,5 % moins de deux ans. Après avoir diminué jusqu'en 2008, l'âge moyen du parc poids lourds français augmente, ce qui traduit les difficultés d'investissement des entreprises du transport routier de marchandise, confrontées à un crédit devenu rare et sélectif.
Cette nouvelle déprime du marché reflète les difficultés du secteur du TRM en France. Sur l'ensemble de l'année, l'activité du pavillon français de transport de marchandises par la route aurait reculé de 7,5 % par rapport à 2011, d'après les statistiques révélées par le commissariat général au développement durable. Sur les transports intérieur, le pavillon français perd 7,7 % de son activité, et 4 % en international. Même le transport pour le BTP souffre, avec 3,2 % de baisse sur l'année. Dans ce contexte de fragilité des entreprises du TRM, l'année 2013 s'annonce sous de mauvais auspices, compte tenu du ralentissement des deux grands indicateurs que sont la consommation des ménages et les investissements des entreprises.
Seule perspective d'augmentation des ventes, des transporteurs pourraient, fin 2013, acheter les derniers camions Euro V avant le passage à la norme Euro VI. Obligatoire sur tous les P.L neufs à compter du 1er janvier 2014, la norme Euro VI renchérira leurs tarifs de plusieurs milliers d'euros. Ces achats anticipés amélioreraient certes le bilan 2013, mais pèseraient sur les résultats de 2014.
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